2014年10月11日星期六

韩寒才是真相

韩寒才是真相

韩寒才是真相

处女座导演韩寒的大银幕处女作《后会无期》已经上映。

因为韩寒身上背负了太多的标签,作家、赛车手、公知、国民岳父等,当他这次以一个全新的身份导演出场时,虽然万灯齐聚,但还是免不了一些杂音,就和他当初以《三重门》出道时一样。

你一定是看郭敬明拍电影了,所以我也要去拍。你一定是看到中国电影市场好了,所以我也要去拍。你一定是觉得……。而真实的答案往往简单粗暴,电影这趟浑水我是趟定了,因为喜欢。

我们擅自给韩寒拍电影赋予了太多的含义。以至于在媒体的对比中,在粉丝拥簇的狂热中忘记了,韩寒只是来拍电影,只是作为一个新人导演来导一个自己喜欢的作品。

他没有选择改编自己的小说,但却选择了原创剧本,这是非常明智的。在中国,作家转行到电影人的例子似乎不多,但在好莱坞屡见不鲜。这些跨界作家的作品有一个共同的特点:当他们只停留在纸面工作的阶段时,原著的精神比较容易得到体现,而一旦上任导演统筹全篇,品质反而没那么讨喜了。比如科幻作家迈克尔·克莱顿原著改编的《人间大浩劫》,《侏罗纪公园》都是经典,而他自己执导筒的《神秘美人局》《霹雳追魂弹》就不尽人意,斯蒂芬·金也是如此,安心当个编剧或电影顾问,就能诞生《魔女嘉莉》、《闪灵》、《肖申克的救赎》等杰作,亲自导演的《火魔战车》口碑都不及格。当然,这不是说跨界出不了好作品,根本原因在于,作家太容易把自己的原著当宝,放不开手脚。

但韩寒还是来了,带着稚嫩和对电影的爱。看完电影会发现,他作为导演做了太多的准备,从风格化的镜头语言以及对于演员的调度,音乐的使用、意象的使用和读白都像极了一个老手。而旅馆那场戏对于蒙太奇的运用可谓独到,加油站的群戏调度更是体现了导演的功底不俗。

《后会无期》是一个作者风格十分强烈的电影,如果这些年你和韩寒一同成长,你发现,这即是韩寒送给你的成长的独白,那温度能缓缓进入你的内心,泛起一丝伤感。

关于成长和责任,自由和追求、这部电影有太多的解构值得去细细品味。而对于每个人物的刻画,又都十分立体饱满。导演似乎通过演员之口把一些道理娓娓道来。旅途中的人来了又走了,扔下了一些莫名其妙又让人玩味的话头也不回的走了。

所有的不舍都是这个时代的悲呛和无奈。

故事从胡生的独白开始,他虽然在剧中戏份不多,但是是一个很重要的角色。江河、浩汉、胡生在走之前的小屋里准备出发,胡生说如果我走丢了怎么办,江河说,你不管在哪里走丢,你回到原点就行了。为后来胡生走丢然后回到原点埋下了伏笔。这其实是在暗示家的重要性,无论你在哪里受伤,或者累了,回家吧。因为,只有家人值得信任。这句温情满满的话却是通过贾樟柯扮演的三叔说出来的,而三叔却是一个骗子,这种与身份不匹配的台词加强了这种戏剧冲突。让前后的剧情变得更加紧凑有条理。而当胡生走丢之后,浩汉给电台打电话寻人,在之后的剧情中电台也播出了这则寻人启事。这个呼应也体现了导演对于细节的考究,能让胡生这个人物立住。在之后有很多类似的呼应,导演在前面抛出一个对白、或者行为,都在后面的剧情之中有所呼应和解释。这点是一个处女座导演的优势。

而陈乔恩扮演的周沫则像一个邻家大姐姐,早熟的她早就深谙"小城市靠关系,大城市多少公平点"的道理,一个人背井离乡打拼,背负着出人头地的理想,大有不混出一片天哪有颜面见江东父老的决绝。所以她说,这个社会就是温水煮青蛙,不进则退。现实会让你妥协很多东西,但是只要你尽力,也算给人各有志平了反。她对生活很乐观,最后在大城市成功了,从替身到了大明星,算是给背井离乡漂泊的人信心,这也是导演的私心,他希望努力的人终有回报。而这些简单深刻的道理最后江河和浩汉在前行到苍凉荒漠的时候才能用实验来证明。也许前人早就明白并告诫你的道理,你需要自己经历之后才能明白和死心彻底。这种情绪从头到尾,一直埋在插科打诨的背后。

王珞丹演一个有故事的假婊子,却一见钟情了自己的嫖客。在你来我往中也有了火花,但言语中全是看透这个世界的悲叹,就好比她那句"我听过很多道理,却仍然过不好我这一生"。心灵鸡汤看多了,也不会改变你的生活。空谈误国,实干兴邦兴许也是这个道理吧。而她对江河的那番话也更加值得回味,任何人都没有义务对每一个过客负责,你不要爱心泛滥空把热血涂在土地,这就好比嫖客劝小姐从良一般虚假。自作多情的博爱和主观会让这个社会变得无趣,路都是人自己选的,谁也做不了谁的主。

袁泉演莺莺,一个和浩汉通信了19年的女孩,当等到见面以为是一场轰轰烈烈的爱情的开始,但命运给他们开了一个大玩笑。对于爱情,导演对袁泉太残忍,竟然让她的爱如此克制,无处宣泄的克制。这也是唯一让我不理解的地方。谈话结束后,知道真相的浩汉呆立在台球桌旁边,现实原来是如此操蛋,真相原来这么残酷,心中英雄的突然坍塌也让他价值观出现了彻底的改变。

冯绍峰演浩汉。干了三年出租车,两年捕鱼,一年保安,最后还是一事无成。在见到袁泉之前或许他还对这个世界有些信心,怀着一颗雄心断了自己的后路才上路,他说如果成功了他要回到sun of beach,实际上他回不去了,他没有家了。他是这个电影里面悲剧色彩最重的一个角色,他家被强拆也好,为了理想远走他乡也好,他是没有后路的一个人,他甚至再也见不到周沫。真是son of bitch。而骗钱的婊子,偷钱的贼,偷车的团伙和世界观不同的兄弟都最终让他明白不能对这个世界傻乐观。所以从最东边到最西边,也是浩汉的取经之路,磨难之路,成熟之路,配合《西游记》的插曲让这次旅行变得宿命,好像这是一条必经之路,我们只有亲自走一趟,走到最后才有答案,虽然不太美好。但是他最终还是从浩汉变成好汉。

钟汉良演旅行者。他用实践熬了一锅汤,端给梦旅人,虽然在片中形象不太正面(有难言之隐呢?),但他的思想才是核心,人要走出去,去经历路上的风景、美女、去拥抱真正的世界,即便万人都不理解,只有一个人懂就够了,即便这个人是自己。所以他的价值观会对江河的价值观形成一个冲击。

陈柏霖扮演江河。一个最可爱的人,他可以把《Que Sera Sera》当成诗来念,可以用一些geek的知识化解初识的尴尬被人说成是泡妞高手,他宽容骗子,为偷车的人辩护。他按照自己的世界观生活,不管这个世界如何待我,我对这个世界始终温柔相待。实际上他最成熟,也看得最透。

导演在每个人身上都投射了自己的影子,或多或少。把这上面所有人组合在一起,就是一个关于成长的故事。他们不断告别,告别昨天的自己。又不断有人涌入新的生活,昨天已成往事,所以只能写进故事,演给世人看。

虽然苦于中国的审查制度,但是韩寒还是在电影中通过一些隐含的桥段争取一点点属于自己导演的话语权,这点最为宝贵,就怕所有人都为了钱去拍商业片,在体制下赚的盆满钵满,而丢掉了一个导演应该有的担当和责任。

而自由是什么,自由是锅盖下面的黑暗,在黑暗中前行,即便争夺一点点,都是莫大的进步,就好比电台里面的声音"你的一小步,是人类的一大步"。在被允许的范围,至少你还可以在路上去经历这个世界,带着一颗要干翻这个世界的雄心壮志启程,游历四方,策马奔腾,即便灰头盖面,头破血流也有青春做了伴,也就才能有"我曾经跨过山和大海也穿过人山人海我曾经拥有着的一切"的感慨,才有"曾经失落失望失掉所有方向直到看见平凡才是唯一的答案"的答案。而不是一剂迷幻high药,让你沉醉在享乐的腐化里假装高潮,无法自拔。

这是两部电影完全不同的方,当看到有人说郭敬明是真实,韩寒是虚幻的文章时,我只能呵呵。小时代所倡导的永远都没办法实现社会大部分人的共鸣,他只是一个泡泡机,生产五彩斑斓的泡沫给爱做梦的小孩子,等时间一长,不吹就会破。而韩寒的电影告诉你,什么才是现实。

看到今天第一天票房1亿。势头如此牛逼的文艺片。但票房多少并不值得炫耀和过度渲染,正如韩寒所说,长此下去,唯票房论,对中国电影会有很大伤害。即便这样,我还是希望好作品有好的归属。

最后,不管你是听《平凡之路》还是《时间煮雨》,愿时光做伴,都后会有期。






HH

S’il ne fallait lire que cinq livres de Patrick Modiano

 

S’il ne fallait lire que cinq livres de Patrick Modiano

Le Monde.fr | 10.10.2014 à 21h33 • Mis à jour le 11.10.2014 à 11h57 | Par Denis Cosnard

Patrick Modiano, lauréat du prix Nobel de littérature 2014, est l'auteur d'une trentaine de romans.  REUTERS/Charles Platiau Patrick Modiano, lauréat du prix Nobel de littérature 2014, est l'auteur d'une trentaine de romans. REUTERS/Charles Platiau | Reuters / CHARLES PLATIAU

Depuis son premier roman, La Place de l’étoile, en 1968, Patrick Modiano, a signé plus de trente ouvrages. Mais pour brouiller les pistes, l’auteur, qui s’est vu décerner jeudi 9 octobre le prix Nobel de littérature 2014, assure qu’il écrit toujours le même livre, à quelques variations près. Par où commencer ? Cinq suggestions. 

Lire aussi : Patrick Modiano, prix par surprise

Dora Bruder (1997). Si vous ne devez en lire qu’un, choisissez celui-là. Le plus poignant, le plus fort de toute l’œuvre de Patrick Modiano. A partir d’une petite annonce trouvée dans un Paris-Soir de 1941, l’écrivain se lance sur les traces d’une jeune fille juive, une fugueuse disparue dans la nuit noire de l’Occupation. A travers cette enquête, Modiano cherche Dora, mais aussi son propre père, qui se cachait également dans le Paris de cette époque. Absolument magnifique, même s’il ne s’agit pas d’un roman. 

Rue des boutiques obscures (1978). Prix Goncourt 1978, ce roman est l’un des plus connus de l’auteur. C’est aussi l’un de ses meilleurs. Le « détective » Modiano y est à son sommet. Il passe d’un témoin à un autre, fouille dans les bottins à la recherche d’un nom, explore de fausses pistes. Guy, cet amnésique à la recherche de son passé, finit par retrouver une identité et une histoire – mais sont-ce vraiment les siennes ? A noter, contrairement à bien d’autres titres de Modiano, que celui-ci ne concerne pas Paris : c’est à Rome que se trouve la rue des Boutiques obscures. 

Livret de famille (1977). Une quinzaine de récits juxtaposés, tous plus ou moins autobiographiques. Dès le deuxième, on découvre au détour de deux répliques que le narrateur a pour nom Modiano, et pour prénom Patrick. Est-ce pour autant l’écrivain lui-même ? Bienvenue au royaume de l’autofiction et de ses leurres délicieusement troublants.

Remise de peine (1988). Ce récit court autour de deux enfants abandonnés par leurs parents entre des mains peu recommandables a des faux airs de conte de fées. C’est avant tout un très émouvant tombeau à la mémoire de Rudy, le petit frère de Patrick Modiano, mort quand ce dernier avait onze ans. L’écrivain a repris cet épisode vécu dans son nouveau roman paru le 2 octobre, Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier. Cette fois-ci, il en fait la base d’une sorte de roman policier un peu oppressant, dont son frère est effacé.

Un Pedigree (2005). Ce livre restera sans doute dans l’histoire de la littérature. Après s’être longtemps abrité derrière la fiction puis l’autofiction, Modiano finit par écrire une autobiographie… très atypique. Au terme d’un dédoublement de personnalité, l’auteur adulte y raconte son enfance et son adolescence avec une terrible sécheresse, comme s’il s’agissait de celles d’un autre. Une sorte d’hétéro-autobiographie. Au passage, ce texte majeur constitue un trousseau de clés permettant de décrypter tous les autres livres de Modiano, en repérant la part biographique qui se niche dans chacun.

En prime, un sixième livre :

Catherine Certitude (1988). Un délicieux livre pour enfants, très joliment illustré par Sempé. Toute l’atmosphère et le style de Modiano en 96 pages faciles à lire. Une excellente façon d’entrer dans son œuvre « dès 9 ans ».

S’il ne fallait lire que cinq livres de Patrick Modiano

Patrick Modiano, prix par surprise

LE MONDE | 10.10.2014 à 10h11 • Mis à jour le 11.10.2014 à 09h14 | Par Raphaëlle Leyris

Patrick Modiano lors d'une conférence de presse à Paris, le 9 octobre 2014. Patrick Modiano lors d'une conférence de presse à Paris, le 9 octobre 2014. | AFP/THOMAS SAMSON

Bien sûr, Patrick Modiano a trouvé « bizarre » de recevoir le prix Nobel de littérature, comme il l’a dit à son éditeur, Antoine Gallimard – « irréel », aussi, a ajouté l’écrivain lors d’une conférence de presse. « Bizarre », d’abord parce que c’est sans doute le mot qui revient le plus dans la bouche de cet homme à la timidité et à la modestie presque légendaires, inquiet « d’écrire toujours un peu le même livre ». « Bizarre », aussi, parce que nul ou presque n’imaginait que la récompense puisse de nouveau revenir à un écrivain français, six ans après Jean-Marie-Gustave Le Clézio. Mais les membres de l’académie suédoise, n’aimant rien tant que surprendre, en ont décidé autrement. Le 9 octobre, ils ont couronné ce grand écrivain de 69 ans à l’œuvre entêtante, lumineusement crépusculaire, en raison, de « l’art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l’Occupation ».

Cette période de l’histoire française est en effet centrale chez l’auteur né en 1945 à Boulogne-Billancourt, auteur d’une trentaine d’ouvrages travaillés par l’identité et par la perte, qui dira avoir « toujours l’impression d’être une plante née de ce fumier » – même si son œuvre est loin d’être réductible à ce sujet. Ses parents se sont rencontrés en 1942 : elle est une actrice flamande ; lui, Albert Modiano, juif d’origine italienne, fréquente des individus aux activités louches, et pratique, sous une fausse identité, le marché noir pendant la guerre.